L'origine de cette de action sonore est de proposer d'effectuer une mise en résonance d'un espace, modelé par sa singularité architecturale,
et  dont  le  parcours  narratif  reste  perméable  à  l'instant  présent.  Cela en utilisant  des  moyens  de production  sonore  exclusivement
acoustique, qui sont générés par les mouvements du corps.

Mon  premier défit de produire un son continu  avec un  instrument  de  percussion  a évolué au  travers de  l’élaboration  d'un  processus
d'investigation  des  potentiels  vibratoires  des  espaces.  Un  grand  tambour  est  utilisé  comme  un amplificateur acoustique, pour tout
un  orchestre  d'objets  hétéroclites.  Je  les  trouve  durant  mes  voyages, les  adopte  et  les  transforme  ensuite, chez  moi  ou  en résidences.  Je  développe une relation  intime  avec  les matières en vibration.  Je dois les évaluer dans mon  corps à  différents  niveaux,  pour  pouvoir  coordonner  mes  postures  et  mes  mouvements,  mais aussi tel l'archer avec le Kyudo y accorder mon  esprit.  Pour donner vie  à  ces modulations  j'utilise  depuis  2008,  une  circumambulation  dextrocentrique. 

Ces  sons sont souvent comparés à ceux que l'on peux produire avec un  synthétiseur  mais aussi à l'ampleur que peux avoir un orchestre. Cependant, la qualité des sons qui sont émis dépends essentiellement de celle des surfaces et volumes environants.

Ces sons ont des textures sonores inhabituelles, ils échappent aux registres traditionnels de la percussion. Ils testent  les limites de notre  perception des infra aux ultrasons en jouant des déphasages de fréquence.  Ils  s'immiscent dans  l'intimité de la matière  par le biais
des micros  vibrations et nous confrontent à une saturation  auditive par celles de la densité du  bruit.
De  par leurs  flux  sonores  et de ceux  qu'ils  nous  donnent  à voir,  ils  évoquent  autant  la  retenue que  le  dépassement,  l'immersion 
et  l'intemporalité.